TdF: Les frères Schleck sur le podium
Première pour Evans, vingtième pour Cavendish
(25/07/2011 - Info sportspress.lu / ASO/letour.fr) L’ultime étape du Tour 2011 a consacré Cadel Evans, premier vainqueur australien du Tour de France, 30 ans après l’exemple donné par son compatriote Phil Anderson, premier porteur non-européen du Maillot Jaune.
Avant de connaître le succès à 34 ans, Evans avait déjà connu la frustration de la deuxième place à deux reprises (2007, 2008). Il a cette fois réalisé un sans-faute et parachevé son œuvre sur le contre-la-montre final de Grenoble, où il a délogé Andy Schleck du fauteuil de leader.
Loin de Cadel Evans dans la hiérarchie générale, Mark Cavendish a rempli son pari en signant une cinquième victoire sur le Tour 2011, la vingtième de sa carrière sur le Tour de France. Il devient également le premier vainqueur britannique du maillot vert.
Photos et champagne
Après une cérémonie organisée autour d’une stèle inaugurée en souvenir de Laurent Fignon, ancien licencié de l’US Créteil, puis une minute de silence respectée en hommage aux victimes du double attentat d’Oslo, les 167 coureurs encore présents enfourchent leurs vélos. Dans les premiers kilomètres, avant que l’étape devienne une course, le peloton s’accorde un défilé bien tranquille, bien que le drapeau ait été baissé par Christian Prudhomme. L’heure est aux photos autour du Maillot Jaune, le champagne est de sortie. La visite du Val-de-Marne se fait au ralenti, le peloton saluant notamment à Villejuif le nouveau siège de LCL, partenaire depuis 30 ans du Tour de France.
Flecha donne le coup d’envoi
C’est à l’entrée dans Paris que le rythme s’accélère, et précisément pour le premier passage sur la place de la Concorde, où l’équipe BMC au complet se présente en tête du peloton. Juan-Antonio Flecha est ensuite le premier à tenter une sortie, momentanément accompagné de Sylvain Chavanel. Mais au km 56, c’est Ben Swift qui lance un mouvement un plus convaincant, avec Paulinho (RSH), Koren (LIQ), Riblon (ALM), Roy (FDJ) et Bak (THR). Les six associés de circonstance sont toutefois contrôlés par les équipes se sprinteurs, qui maintiennent un écart maximal de 40’’. Sur le sprint intermédiaire, Mark Cavendish réduit encore un peu plus le suspense relatif au maillot vert, en saisissant les 9 points de la 7ème place.
Cavendish, invaincu à Paris
Mais la mission du sprinteur britannique ne s’arrête pas là. A la cloche, soit avec 6 kilomètres à parcourir, les échappés n’ont plus que 12’’ d’avance sur le peloton. Le train de la HTC commence à se mettre en place, et l’accélération générale condamne les attaquants. Lars Bak et Ben Swift, les deux plus résistants, sont avalés à 2 km de la ligne. Omega Pharma Lotto pour Greipel, Garmin Cervélo pour Farrar, sont prêts à livrer combat. Mais à l’entrée de la dernière ligne droite, Matt Goss et Mark Renshaw, les deux derniers accompagnateurs de Cavendish, sont en première loge, avec Edvald Boasson Hagen comme dernier rival. Mais même en prenant la roue de Cavendish, le Norvégien ne résiste pas à l’accélération des trois cents derniers mètres. Le maître du sprint s’impose pour la troisième fois à Paris, où il est invaincu. Il scelle aussi la victoire du classement par points.
Cadel Evans : « Maintenant c’est fait, et gagné »
« Lorsqu’on est gamin, on attend beaucoup de choses de la vie. Quand j’ai vu Miguel Indurain dans le Tour 1991 mettre tout le monde en pièces, cette idée a germé comme une graine dans ma tête, et a continué de croître. J’ai passé des moments difficiles : pendant deux années j’ai terminé 2ème, et je me trouvais malchanceux de passer si près. Mais peut-être que cela rend le succès de cette année encore plus spécial.
C’était une vraie surprise que Tina Arena vienne chanter l’hymne australien. C’est un rêve ultime pour un coureur cycliste de se retrouver debout sur les Champs-Elysées, et d’entendre son hymne national. Cela n’arrive pas souvent à des Australiens ! Cette victoire est pour tout le pays, c’est incroyable.
Tout s’est vraiment bien déroulé, mais ce n’est jamais fait tant que l’on n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Maintenant, c’est fait, et gagné. En fait nous avons surtout passé beaucoup de temps à ne pas perdre le Tour… jusqu’au contre-la-montre. »
Fränk Schleck : « Pas de regrets »
« Je crois que nous avons fait une belle course, et je n’ai pas de regrets. Un champion doit respecter et accepter qu’un autre soit meilleur, et cette fois Cadel était le meilleur. J’ai encore l’âge pour moi, et ce sera un bon point. Nous serons de retour, et là pour aller chercher le Maillot Jaune. »
Andy Schleck : « Je reviendrai »
« C’était un Tour de France parfait, mais il n’y a qu’un vainqueur. Nous le savions dès le départ. Le vainqueur c’est Cadel, et il le mérite. Il s’est battu pour cela, je me suis battu aussi mais il a été trop fort. Je reviendrai. »
Classement par équipes : Garmin-Cervélo au nom de la Norvège
La dernière étape, remportée par Sky essentiellement grâce à la deuxième place du Norvégien Edvald Boasson Hagen, n’a apporté aucune modification au classement par équipes, remporté au final par Garmin-Cervélo avec 11’04’’ d’avance sur Leopard-Trek et 11’20’’ sur Ag2r-La Mondiale. Thor Hushovd s’est donc avancé vers le podium des Champs-Elysées en emmenant dans son sillage ses sept équipiers, puisque seul David Zabriskie a quitté la course, sur chute, lors de la neuvième étape.
Le champion du monde s’est fait le porte-parole du désarroi de ses compatriotes suite à la tragédie qui s’est produite à Oslo en cette fin de semaine. Une fois encore, les cyclistes ont tenu à montrer qu’ils avaient grand cœur en concluant ce Tour de France qui restera dans l’histoire comme l’un des plus passionnants de l’ère moderne.
















